Le portail des langues

05 décembre 2011

Harry Potter et babélisation

                                                                 

Un message éclair pour vous faire partager ma découverte du jour. Un professeur d'université au Canada (Calgary) s'est amusé à collectionner toutes les versions du premier tome d'Harry Potter dans toutes les langues dans lesquelles il avait été publié. Il a ensuite demandé à des locuteurs de langue maternelle (oui enfin pas pour le latin et le grec ancien bien sûr !!) de lire une page du livre et il l'a mis en ligne.

Voyez par vous-mêmes et amusez-vous bien !


http://arts.ucalgary.ca/lrc/harrypottereditions

 

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24 novembre 2011

Les expressions toutes faites

 

La politesse a tant de nuances et de codes en japonais qu’il en devient parfois extrêmement compliqué, même pour un Japonais, de s’adresser correctement à la bonne personne, comme il faut, sans risquer de la vexer ou de l’insulter.

Et pourtant il serait impensable de pouvoir parler comme on le veut, en faisant fi de toutes ces règles, sans passer pour un provocateur et une sorte d’anarchiste voulant renverser la structure de la société.

C’est peut-être pour cette raison que les Japonais ont un nombre particulièrement important de formules, d’expressions toutes faites, utilisées à plus soif à longueur de journée par la société tout entière, qui sont sans danger et qui présentent l’avantage de ne pas se demander tout le reste de la journée si l’on a froissé ou non le grand yakuza de 95 kg qui voulait porter nos valises.

Car plus qu’une question de politesse, les expressions toutes faites, dites et répétées par tout le monde, presque mécaniquement, sont un véritable concept dans une culture de la collectivité et non de l’individu, où il est traditionnellement bien vu, contrairement à l’Occident, de suivre la pensée commune et de ne pas se singulariser, même dans le langage.

 

Aussi trouve-t-on en japonais une foule de petites phrases prévues pour presque chaque occasion et très pratiques pour l’étranger, qui n’a plus qu’à les apprendre par cœur et à les utiliser au bon moment.

En voici un petit florilège (les exemples sont majoritairement tirés du Japonais en Manga 1) :

 

Pour le repas :

itadakimasu : avant de commencer à manger,  équivalent de « bon appétit », littéralement « j’accepte », « je reçois ».

gochisou sama deshita : après avoir fini de manger, « c’était très bon », « merci pour le repas »

 

Pour féliciter quelqu’un :

otsukaresama (deshita) : expression utilisée pour féliciter quelqu’un du travail accompli et de l’effort qu’il a fourni, « bon travail »

omedetou gozaimasu : expression de félicitations très courante, utilisée au choix pour dire « bravo », « joyeux anniversaire », « vous avez fait du bon travail »…

 

Toutes les expressions liées à l’entrée et à la sortie d’une maison :

shitsurei shimasu : expression utilisée en entrant et en sortant d’un lieu, litt. « excusez-moi de vous déranger » et « désolé de vous avoir dérangé, je m’en vais »

itte kimasu : expression utilisée lorsqu’on sort de chez soi à ceux qui y restent

itte rasshai : réponse à itte kimasu

tadaima : expression utilisée en entrant chez soi, « je suis de retour »

o kaeri (nasai) : expression très célèbre pour saluer celui qui rentre (réponse à tadaima) et à peu près intraduisible

irasshaimase : expression généralement hurlée à pleins poumons dans les magasins de la part des vendeurs aux clients pour leur souhaiter la bienvenue. Il n’y a pas de réponse à faire.

 

De la pure politesse enfin :

arigatou ou arigatou gozaimasu ou doumo ou doumo arigatou ou doumo arigatou gozaimasu (toutes les combinaisons sont utilisées !) : merci beaucoup

dou itashimashite : de rien

ogenki desu ka : est-ce que ça va ?

okagesamade : expression utilisée pour répondre à la précédente et préciser que c’est grâce à l’interlocuteur qu’on va bien, un truc du genre « oui je vais bien, merci, c’est grâce à vous »

yoroshiku o-negai shimasu : expression là encore difficile à traduire utilisée très couramment lorsque l’on demande une faveur à quelqu’un, lorsqu’on donne une tâche à quelqu’un ou même lorsqu’on vient de rencontrer quelqu’un. En clair, on s’excuse humblement et à l’avance de ce qu’on va lui infliger !

 

Et la liste est longue ! Si vous en connaissez d’autres du même type, n’hésitez pas à en faire part !

 

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16 novembre 2011

Quelques mots sur....L'ANGLAIS

 

Certains lecteurs penseront peut-être qu’une introduction à l’anglais est inutile dans un monde où la mondialisation (ou globalization !) accorde une place si importante à cette langue qu’elle en devient familière, qu’elle semble trop connue. Et de fait, présente-t-on encore l’anglais ??

C’est à peine si au final on la considère comme une langue étrangère, encore moins prend-on la peine de l’étudier pour ce qu’elle est : une langue particulièrement complexe, riche et fascinante.

Et pourtant, j’aimerais insister sur le fait que, loin de la réduire à un statut purement utilitaire (ce qu’elle est surtout aujourd’hui, cf. petit dialogue ci-dessous), on devrait se forcer à regarder cette langue un peu comme une créature exotique, au même titre que des langues aux noms enchanteurs pour des francophones comme le zoulou, le pashtou ou le lingala (et si on change l’ordre des lettres de lingala, qu’est-ce qu’on a ? :-))

L’anglais est une langue essentiellement germanique (avec un petit fonds celtique quasiment disparu aujourd’hui) mais possède, à la différence de toutes les autres langues de ce groupe, de très nombreuses racines latines depuis que, souvenez-vous, Guillaume le Conquérant et sa clique de Normands ont décidé d’envahir la perfide Albion en 1066. C’est alors surtout la noblesse anglaise qui se met à parler français pour se rapprocher de la cour et cela donne lieu à une intéressante dissociation entre les termes germaniques et latins qui est toujours visible aujourd’hui. Apparaissent des doublets pour désigner la même chose, l’un à racine germanique, l’autre à racine latine. De nos jours, c’est très souvent le terme «latin » qui est considéré comme plus précieux et plus châtié :

Ex : to stroke/to caress          to vanish/to disappear                      

       to ask/to demand            to answer/to respond

      Ou bien les termes importés du français se sont vite spécialisés dans un sens précis comme par exemple la version mangeable d’un animal :  pig/pork sheep/mutton

 

Et cette double origine due aux vicissitudes de l’Histoire n’est rien en comparaison d’autres complexités délicieuses de la langue : sa phonétique cauchemardesque et ses phrasal verbs (verbes à particule).

Eh oui, même si cela peut surprendre, l’anglais est une langue difficile à prononcer car les mêmes lettres se prononcent souvent différemment et l’accent d’intensité aime se déplacer à loisir, selon son bon vouloir.

Ex :

Rien que pour le i :

       to wind (s’enrouler) --> [ouaïnd] MAIS the wind (le vent) --> [ouïnd]

       Recipe (recette) --> [rèssipi] MAIS to revile (injurier) --> [rivaïl]

       A rival (aï) MAIS a river (i)

Accent d’intensité :

      creation       MAIS    creature

     mischief    MAIS  misgiving

Quant aux verbes à particule, je paraphrase monsieur Claude Hagège, dans son Dictionnaire amoureux des langues, que j’ai déjà emprunté pour quelques exemples plus haut, et qui certes n’est peut-être pas la meilleure personne à convoquer pour ce qui est de l’anglais mais qui en parle tellement bien. Ce dernier pointe avec justesse la difficulté pour un locuteur étranger de faire la différence entre to catch on : gagner une popularité, to catch on to : comprendre et  to catch oneself on : prendre conscience d’une erreur qu’on a faite (!).

Et je passerai sur le nombre incroyable de verbes et de sens différents qu’on peut créer à partir du verbe to get… Je vous laisse méditer cette page ;) http://www.mediadico.com/dictionnaire/anglais-francais/get/1

A partir de ces particules, on peut s’amuser à créer d’autres verbes à l’infini tellement l’éventail des possibilités est illimité. Et c’est justement ce qui fait la force de l’anglais et son rayonnement en tant que langue internationale : son extraordinaire souplesse et sa constante évolution. Contrairement au français et comme l’allemand, l’anglais possède une structure propre à créer facilement de nouveaux mots et se prête bien au « bricolage » linguistique.

 

Mais cette langue pourtant si complexe est devenue aujourd’hui la langue de la facilité… quel paradoxe ! Lorsqu’un Français et un Hongrois, par exemple, ne parlent pas leurs langues respectives, ils vont passer automatiquement à l’anglais, ce qui donnera dans la plupart des cas une sorte de charabia simpliste, quelque chose du genre :

Français : Hi !

Hongrois : Hi !

F : Aou ar you ?

H : I’m vine. Hend you ?

F : goude. Euh… ave you eat ?

H : No.

 

 ...Et c’est bien normal !! Une langue internationale a surtout un but utilitaire et c’est nécessaire. Cependant tâchons de ne pas oublier les vraies racines et la vraie richesse de cette belle langue exotique qu’est l’anglais, non ?

Posté par Ismakia à 21:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

09 novembre 2011

Les méthodes de japonais

 

Quand j’ai commencé à apprendre le japonais par moi-même, je me suis retrouvée un peu perdue entre les différents types de méthodes : apprendre les hiragana, les kanji en 50 leçons, parlez japonais etc. Fallait-il une méthode globale ? Ou bien une méthode juste pour l’écriture ? Et laquelle acheter en priorité ?

Alors j’ai fait ce que je fais régulièrement quand je ne sais pas laquelle acheter, je me rabats sur une collection que j’aime beaucoup : … en 40 leçons.

*Petit excursus hors sujet mais fort intéressant*

[Eh non, ce n’était pas Assimil. Pour info, vous me verrez très rarement recommander les méthodes de cette collection non pas parce que la qualité n’est pas au rendez-vous mais parce qu’elles sont fondées sur la méthode inductive, qui personnellement ne me convient pas du tout.

Quésaco méthode inductive ? Une méthode inductive est lorsqu’on commence par montrer des textes dans la langue qu’on fait répéter et apprendre par cœur, AVANT d’indiquer les règles grammaticales.

La méthode déductive… eh bien c’est l’inverse. On commence par les règles les unes après les autres avant de les mettre en application.

Essayez les deux types de méthodes et voyez celle qui vous convient le mieux.]

 

Back to our moutons … euh… Nippons :

 40leçonsjap

 

 J’ai donc acheté le japonais en 40 leçons, que j’ai dévoré jusqu’à la 20è leçon, où commence l’introduction aux kanji et là… hum… comment dire ? J’ai senti que c’était insuffisant et que je m’attaquais à un gros morceau. Puis je n’étais pas sûre d’avoir en 20 leçons fait le tour de la question des syllabaires (ce qui est normal, le but de cette collection étant d’introduire).

Je me suis donc tournée vers d’autres méthodes pour compléter. Je vous donne ici les méthodes qui ont le mieux fonctionné pour moi. J’ai utilisé tous ces ouvrages alternativement et ils se complètent l’un l’autre :

Le japonais en Manga en 2 tomes (il y a également une partie pour les kanji et des cahiers d’exercice)

 japmangatome1japmangatome2

Des ouvrages très complets, très bien faits, qui se concentrent sur le vocabulaire quotidien et courant. Le seul point négatif est aussi son atout : l’auteur se concentre sur les manga, comme c’est précisé dans le titre, et donc c’est surtout axé sur le registre de langue familier, voire vulgaire. Or, il est exclu de parler ainsi à un Japonais à moins qu’on ne le connaisse intimement donc faites gaffe !

 

Une méthode de japonais conçue par des Japonais : Minna no nihongo (le Japonais pour tous)

Les deux tomes pour débutants (traduction française)

 minnatome1minnatome2

 

Elle est généralement reconnue comme la meilleure par un bon nombre de spécialistes de la langue. C’est une méthode qui était destinée à l’origine aux étrangers venant travailler dans les entreprises japonaises et qui a été vite popularisée étant donné son succès. La seule difficulté est son prix élevé dû à l’import et aux nombres de tomes (en réalité, on a seulement besoin de la partie japonaise et  de la partie traduction). Cette méthode est très efficace mais ne peut s’aborder dès le début car elle est uniquement écrite en hiragana et katakana, et non en romaji (transcription latine des caractères japonais) : on doit donc avoir auparavant bien mémorisé les deux syllabaires. Elle se concentre sur le registre poli uniquement, on peut donc l’utiliser pour parler sans problème. Si l’on s’intéresse au langage familier, voir plus haut pour Le japonais en Manga.

Enfin, pour ce qui est de l’écriture des kanji proprement dite, toutes les méthodes à mon sens se valent puisque l’apprentissage des idéogrammes nécessite une longue mémorisation bête et méchante, par cœur. A vous de voir ce qui fonctionne le mieux pour que votre cerveau les retienne.

A cet égard, j’aurais plutôt tendance à fuir les méthodes traditionnelles pour me tourner vers l’informatique, à l’aide notamment de ce logiciel nommé Anki qui permet, sur un principe simple, une mémorisation régulière et plus ludique. Voyez par vous-mêmes sur cette vidéo commentée par le créateur lui-même :


 がんばれ!

 

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08 novembre 2011

Quelques conseils pour l’apprentissage des langues

Voici une question qui m’est souvent posée : mais comment fais-tu pour apprendre x langue(s) dans ton coin ? *phrase généralement prononcée sur un air de révérence, sourcils bien hauts, air d’okapi surpris par une girafe*

Et pourtant, apprendre des langues, c’est à la portée de tous !

Cependant, il y a des règles à suivre si l’on ne veut pas être très vite découragé devant l’ampleur de la tâche...

 Aussi, avant de publier des articles précis sur les méthodes d’apprentissage de chaque langue, j’aimerais préciser certains principes généraux :

1°) On n’apprend jamais une langue tout seul, le concept lui-même est contradictoire. Parler une langue suppose qu’on essaie de communiquer dans cette langue avec un autre individu. Donc toutes les méthodes du monde ne remplacent pas la pratique orale si l’on veut la parler.

2°) Apprendre une langue est quoi qu’on en dise une activité à envisager sur le long terme. Je vais sur ce blog donner des conseils qui agiront comme des sortes de raccourcis mais il faut bien se mettre en tête qu’apprendre une langue requiert du temps, beaucoup de temps, et une grande motivation (pour justement prendre le temps de le faire alors qu’on est très occupé).

3°) Toutes les méthodes/techniques/auteurs que je mentionnerai sont le fruit de mes réflexions particulières et personnelles sur telle ou telle langue. Par conséquent, je ne suis pas payée pour faire la publicité de tel ou tel éditeur et ne suis absolument pas intéressée par de telles propositions. Aussi, si j’en viens à vanter ou à critiquer telle ou telle méthode, c’est uniquement mon avis qui est en jeu.

 De plus, lorsqu’on se lance dans une telle entreprise, il faut avant tout se demander quel est l’objectif poursuivi :

-          Se lance-t-on dans la langue par curiosité (linguistique, culturelle etc.), pour apprendre quelques mots de vocabulaire et le fonctionnement global de la langue ? --> le linguiste

-          Ou bien vise-t-on à acquérir la capacité de communiquer réellement dans la langue, de la parler ? --> le polyglotte

Cet objectif est nécessaire à définir pour savoir ce que signifie pour nous « apprendre le russe », « apprendre l’italien » et où s’arrêter dans l’apprentissage, même si l’on découvre bien vite qu’on n’en aura jamais fini.

On pourrait penser que le 2ème objectif implique nécessairement le premier et représente un stade plus avancé dans l’étude de la langue, mais ce n’est pas obligé car de nombreuses personnes peuvent parler la langue relativement bien sans avoir jamais ouvert un ouvrage de grammaire et en étant strictement incapables de décrire son fonctionnement (cas très courant pour les locuteurs maternels de la langue). Donc il est bien important au début de savoir ce pour quoi on étudie la langue et de se fixer un objectif précis.

Si toutes les méthodes écrites sont suffisantes pour le 1er objectif, il va sans dire qu’il est impossible d’arriver à parler couramment une langue sans la pratiquer d’une manière ou d’une autre à l’oral.

 

Les méthodes d’apprentissage

1)      A l’écrit

-          Les grammaires propres à chaque langue

-          Les méthodes de langue se voulant à la portée de tous

-          Les sites web proposant des cours en ligne

A faire : lire le plus possible des livres dans la langue étudiée.

A ne pas faire : dévorer toute la grammaire en 2 jours et ne plus y toucher pendant 2 mois.

 

2)      A l’oral

-          Entendre la langue via des cd audio, des dvd (films, jeux video, séries), des vidéos sur internet

-          Parler la langue avec des locuteurs si possible (mais pas obligatoirement) de langue maternelle

-          Suivre des cours (école, université, privé, internet)

-          Aller dans le pays (loisirs, travail, stage…)

A faire : écouter la radio, la télé etc. dans la langue étudiée en fond sonore constamment.

A ne pas faire : ne pas oser se lancer de peur de mal parler et de faire des fautes.

 Voici le tour des méthodes les plus courantes. J’en approfondirai certaines dans mes articles, j’en laisserai d’autres de côté et j’essaierai de vous guider au mieux en partant de ce qui a marché pour moi. Mais souvenez-vous que la meilleure façon d’apprendre une langue, c’est d’abord de l’aimer ! Tout le reste vient facilement ;)

Bon courage et surtout amusez-vous bien!

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07 novembre 2011

Quelques mots sur....LE JAPONAIS

Le japonais, ou « nihongo » chez les Nippons, est une langue dont on entend parler constamment et qu'on connaît finalement assez peu.

Car le pays exerce un pouvoir d'attraction considérable, culturellement parlant, sur la nouvelle génération, que ce soit par l'intermédiaire des mangas, des jeux vidéos, des « anime », des séries télé (les « drama »), de la cuisine (non, il n'y a pas que les sushis, n'en déplaise à certains !), de la culture samuraï, j'en passe et des meilleures.

La langue, quant à elle, est bien le reflet de ce peuple aux coutumes uniques, « à nulle autre pareille », aussi complexe et riche que leur histoire et leur forte identité.

Linguistiquement, le japonais fait figure d'OVNI dans le paysage asiatique et les linguistes le rapprochent davantage du turc que du chinois !

Et voilà le piège dans lequel il ne faut pas tomber : le japonais et le chinois, souvent confondus, n'ont absolument rien en commun pour ce qui est de la structure de la langue. Certes, une proximité géographique et une histoire en partie commune ont créé des rapprochements linguistiques entre les deux peuples, mais uniquement pour ce qui est du vocabulaire et de l'écriture.

Ex : une grande majorité des langues asiatiques, chinois inclus, utilisent des tons pour chaque syllabe, ce qui n'existe absolument pas en japonais (qui se rapproche plutôt du français en ce qui concerne la prononciation) ;

Ex2 : comparons le mot bonjour en japonais : Konnichiwa / en chinois : Nihao → aucun rapport.

                         Ainsi que merci : arigatou (qui vient du portugais obrigado)/ en chinois : xiexie → niet rapport.

                       Et télévision : terebi en japonais / en chinois : dianshi → toujours nix rapport.

Vous aurez remarqué que terebi sonne un peu comme le début de télévision et le mot emblématique pour dire merci est en réalité du portugais : c'est une propriété très courante en japonais. En effet, plus de 10% du vocabulaire est d'origine étrangère (principalement de l'anglais), et c'est sans compter la masse immense des mots qui viennent de Chine. Cela peut paraître ridicule mais c'est en réalité énorme si on compare ce chiffre à beaucoup d'autres langues. Les Japonais ont vraiment cette capacité d'absorber ce qui est extérieur et se l'approprier d'une manière telle qu'elle en devient japonaise à sa façon. Prenez l'écriture par exemple, c'est le système le plus complexe au monde car ils utilisent en même temps 3 systèmes différents :

--> des idéogrammes venant de Chine, adaptés des caractères chinois, les « kanji »

-->2 syllabaires dérivés des caractères chinois très simplifiés au point d'en être méconnaissables :

- les katakana, pour écrire les mots venant de l'étranger

- les hiragana, pour le reste

Rendez-vous compte qu'il y a un syllabaire uniquement pour écrire les mots empruntés de l'étranger ! Voilà comment fonctionne cette fabuleuse assimilation propre aux Japonais, comme une sorte de recyclage linguistique. Rien ne se perd, tout se transforme !

Enfin, je terminerai cette introduction au japonais par mentionner une dernière spécificité qui la distingue de bien d'autres langues et qui renforce encore sa complexité, c'est ce que l'on appelle communément tout le système hiérarchique de politesse et de respect (keigo). En réalité, le japonais n'est pas une seule langue mais plusieurs langues dans une seule, car tout le vocabulaire peut changer selon notre statut social, notre sexe, notre âge, la personne à laquelle on s'adresse etc. et il se peut que deux Japonais puissent ne pas se comprendre s'ils sont trop éloignés socialement et/ou utilisent l'un le langage vulgaire, l'autre la version la plus raffinée du keigo. Le registre de langue est si différent qu'on en viendrait presque à parler de sous-langue.

Voilà un tour plus qu'imparfait sur cette langue complexe et riche qu'est le japonais, mais attention ! Complexité ne rime pas avec impossibilité car sa richesse même fait son attrait et en fait une langue rêvée à étudier pour tout apprenti linguiste, polyglotte ou simplement nipponophile :-)

 

 

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18 octobre 2011

Quelques mots sur…. L’ITALIEN

      Ah l’italien, la jolie langue de nos amis transalpins ! J’ai toujours eu un rapport particulier, de par mes études, face à cette langue et n’ai cessé de la côtoyer, m’en approchant, en reculant, la regardant avec méfiance pour mieux me plonger dedans par la suite. C’est dire si c’est dur d’en parler avec objectivité ! Et il me semble que lorsqu’on est français, l’italien ne peut qu’entretenir un rapport presque fraternel avec notre culture.

Et de fait, l’italien est la langue la plus proche du français. Parlée essentiellement en Italie, dans une partie de la Suisse et dans de nombreux pays dans le monde suite aux grandes vagues d’immigration italienne au XXè siècle, elle reste une langue relativement peu représentée sur le plan international face à des langues comme l’anglais, le français ou l’espagnol. Argument que beaucoup utilisent comme prétexte pour ne pas apprendre la langue... Quelle erreur !

Car son apparente facilité (pour un francophone) regorge de richesses et de trésors cachés pour peu qu’on se penche un tantinet sur l’italien et nous force à voir d’un œil différent notre propre langue. Je trouve qu’on sent beaucoup plus la différence quand c’est proche mais pas tout à fait semblable plutôt que quand c’est quelque chose de complètement différent, pas vous ? Exemple, les faux amis. Vous savez, ces mots qu’on croit connaître, en se disant fastoche ! et qui tout compte fait se révèlent signifier tout autre chose… ! (Je vous raconte pas les quiproquos)

Exemple : il ragu --> *tilt* dans la tête du Français que je suis aka ragoût mais bam ! c’est pas ça. Rien à voir, c’est la sauce bolognaise (la bolognese désignant en italien quelque chose de (je cite) ehhh no c’est oune po différent… comment voulez-vous qu’on s’en sorte ?:-))

Pour ce qui est de la prononciation dite « chantante », elle est due aux nombreuses voyelles ouvertes (le o de coq et pas de cochon !) et à la place des accents d’intensité sur chaque mot, le plus souvent à l’avant-dernière syllabe :

  •  La pizza et non la pizza : essayez voir, ça n’a pas la même classe tout de suite ! (comment ça, je reste dans le cliché ??!)

Quoi de plus important que la musique de la langue ? Ce n'est pas pour rien que les Italiens ont inventé l'opéra, les écouter simplement parler est déjà une symphonie à elle toute seule.

Articles reliés : méthodes d’apprentissage de l’italien, lesquelles choisir ? (à venir)

 

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