16 novembre 2011

Quelques mots sur....L'ANGLAIS

 

Certains lecteurs penseront peut-être qu’une introduction à l’anglais est inutile dans un monde où la mondialisation (ou globalization !) accorde une place si importante à cette langue qu’elle en devient familière, qu’elle semble trop connue. Et de fait, présente-t-on encore l’anglais ??

C’est à peine si au final on la considère comme une langue étrangère, encore moins prend-on la peine de l’étudier pour ce qu’elle est : une langue particulièrement complexe, riche et fascinante.

Et pourtant, j’aimerais insister sur le fait que, loin de la réduire à un statut purement utilitaire (ce qu’elle est surtout aujourd’hui, cf. petit dialogue ci-dessous), on devrait se forcer à regarder cette langue un peu comme une créature exotique, au même titre que des langues aux noms enchanteurs pour des francophones comme le zoulou, le pashtou ou le lingala (et si on change l’ordre des lettres de lingala, qu’est-ce qu’on a ? :-))

L’anglais est une langue essentiellement germanique (avec un petit fonds celtique quasiment disparu aujourd’hui) mais possède, à la différence de toutes les autres langues de ce groupe, de très nombreuses racines latines depuis que, souvenez-vous, Guillaume le Conquérant et sa clique de Normands ont décidé d’envahir la perfide Albion en 1066. C’est alors surtout la noblesse anglaise qui se met à parler français pour se rapprocher de la cour et cela donne lieu à une intéressante dissociation entre les termes germaniques et latins qui est toujours visible aujourd’hui. Apparaissent des doublets pour désigner la même chose, l’un à racine germanique, l’autre à racine latine. De nos jours, c’est très souvent le terme «latin » qui est considéré comme plus précieux et plus châtié :

Ex : to stroke/to caress          to vanish/to disappear                      

       to ask/to demand            to answer/to respond

      Ou bien les termes importés du français se sont vite spécialisés dans un sens précis comme par exemple la version mangeable d’un animal :  pig/pork sheep/mutton

 

Et cette double origine due aux vicissitudes de l’Histoire n’est rien en comparaison d’autres complexités délicieuses de la langue : sa phonétique cauchemardesque et ses phrasal verbs (verbes à particule).

Eh oui, même si cela peut surprendre, l’anglais est une langue difficile à prononcer car les mêmes lettres se prononcent souvent différemment et l’accent d’intensité aime se déplacer à loisir, selon son bon vouloir.

Ex :

Rien que pour le i :

       to wind (s’enrouler) --> [ouaïnd] MAIS the wind (le vent) --> [ouïnd]

       Recipe (recette) --> [rèssipi] MAIS to revile (injurier) --> [rivaïl]

       A rival (aï) MAIS a river (i)

Accent d’intensité :

      creation       MAIS    creature

     mischief    MAIS  misgiving

Quant aux verbes à particule, je paraphrase monsieur Claude Hagège, dans son Dictionnaire amoureux des langues, que j’ai déjà emprunté pour quelques exemples plus haut, et qui certes n’est peut-être pas la meilleure personne à convoquer pour ce qui est de l’anglais mais qui en parle tellement bien. Ce dernier pointe avec justesse la difficulté pour un locuteur étranger de faire la différence entre to catch on : gagner une popularité, to catch on to : comprendre et  to catch oneself on : prendre conscience d’une erreur qu’on a faite (!).

Et je passerai sur le nombre incroyable de verbes et de sens différents qu’on peut créer à partir du verbe to get… Je vous laisse méditer cette page ;) http://www.mediadico.com/dictionnaire/anglais-francais/get/1

A partir de ces particules, on peut s’amuser à créer d’autres verbes à l’infini tellement l’éventail des possibilités est illimité. Et c’est justement ce qui fait la force de l’anglais et son rayonnement en tant que langue internationale : son extraordinaire souplesse et sa constante évolution. Contrairement au français et comme l’allemand, l’anglais possède une structure propre à créer facilement de nouveaux mots et se prête bien au « bricolage » linguistique.

 

Mais cette langue pourtant si complexe est devenue aujourd’hui la langue de la facilité… quel paradoxe ! Lorsqu’un Français et un Hongrois, par exemple, ne parlent pas leurs langues respectives, ils vont passer automatiquement à l’anglais, ce qui donnera dans la plupart des cas une sorte de charabia simpliste, quelque chose du genre :

Français : Hi !

Hongrois : Hi !

F : Aou ar you ?

H : I’m vine. Hend you ?

F : goude. Euh… ave you eat ?

H : No.

 

 ...Et c’est bien normal !! Une langue internationale a surtout un but utilitaire et c’est nécessaire. Cependant tâchons de ne pas oublier les vraies racines et la vraie richesse de cette belle langue exotique qu’est l’anglais, non ?

Posté par Ismakia à 21:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Quelques mots sur....L'ANGLAIS

    ouf! nous voilà enfin rassurés, l'anglais est une vraie langue avec ses complexités, ses racines et son histoire, et non un ersatz d'espéranto, langue uniquement créée pour être justement unique et universelle et qui n'a pas rassemblé les foules jusqu'à présent.
    cela dit, faut-il classer l'espéranto dans les langues ou non?

    Posté par mariefrance2000, 16 novembre 2011 à 22:34 | | Répondre
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